Dimanche 21 février 2010 7 21 /02 /2010 15:53
SNOOZE is dead

Suite au dernier commentaire posté par un fidèle lecteur qui se demandait si le SNooZE était mort, nous nous devions d'une explication :

Le SNooZE, à son état actuel de magazine associatif n'est plus... Pour résumer grossièrement la chose, nous avons pété plus haut que notre cul !...
Nous nous sommes retrouvés dans la délicate situation du travail collectif et associatif alors que nous sommes baignés dans une culture individualiste. Chacun avait ses aspirations, un travail en dehors (en plus?!?) du SNooZE, voir une vie de famille et pour certains une autre vie associative.
Le constat a été fait  que, fournir un magazine mensuel était quelque peu présomptueux. Le SNooZE se voulait baser sur la création artistique de ses membres et nous avons négligé le côté aléatoire de l'inspiration.
Après les 6 derniers mois de l'année 2009 à travailler comme des fous sur ce projet, l'hibernation en cette hiver glacial était une nécessité, cependant l'idée reste ouverte... Pourquoi pas un collectif d'artistes, de penseurs, mettant en ligne leurs créations, leurs idées en tout genre ?...
On verra, en tout cas merci tout plein à ceux qui nous ont soutenu, qui nous ont lu, ça nous a fait chaud au cœur !

L'équipe du SNooZE
Par Le Snooze
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Dimanche 27 décembre 2009 7 27 /12 /2009 12:30
Le téléchargement illégal est depuis un petit moment dans le collimateur du gouvernement et de certains artistes engagés pour la cause. Il est intéressant d’observer la mise en place de cette réelle chasse aux sorcières plus inutile qu’autre chose.

En 1972, le premier courriel a été envoyé et la messagerie électronique était donc née.
En 1989 l’idée de la Toile apparaissait et l’invention promettait aux militaires de détenir un réseau de communication décentralisé à l’inverse du téléphone.
Depuis maintenant le début des années 90, Internet est en plein essor et détient un impact social non négligeable.
Un des buts civils premiers était de permettre un accès pour tous à la connaissance, encore plus puissant que les livres et plus facilement accessible. Nous pouvons donc quasiment tout trouver sur Internet : le dernier album de son groupe préféré, des habits, de la nourriture, le dernier godemiché à pulsions électroniques régulées, l’information mondiale ou par région, l’Histoire et toutes autres connaissances.
Internet est à l’image de l’humanité et de ses contradictions : elle permet en effet une source incroyable de connaissances à condition de savoir les trier, mais c’est aussi un exutoire des plus mauvais penchants des hommes qui proposent des sites racistes, xénophobes, pédophiles et terroristes.
Le Web, la Toile a aussi apporté une notion nouvelle dans nos sociétés capitalistes : la gratuité, un poison pour certains, une aubaine pour d’autres ! Cette technologie a été rêvée, pour une partie de ses inventeurs, comme un moyen de diffusion plus puissant et plus rapide que les livres, disponible et gratuit pour tous à volonté. Les effets pervers sont apparus en même temps que son évolution.


Pire trop pire

En suite logique, le Peer To Peer, autrement dit le P2P est naturellement apparu.
C’est un système de partage d’ordinateur à ordinateur dans le même principe quasiment que les envois de courriels. A savoir qu’un ordinateur envoie un fichier ou un message à un ou plusieurs autres ordinateurs. Ce réseau mondial et numérique s’est mis en place et pose actuellement les problèmes que nous connaissons tous! Il gère aussi bien les logiciels de communication comme le célèbre Skype que tout autre fichier informatique.
Tout a commencé en 1999, justement pour le partage d’un fichier musical qu’une seule personne détenait dans son cercle de connaissance. Elle a créé alors un petit programme -Napster- qui sera téléchargé et installé sur 15000 ordinateurs en une semaine. Depuis, le nombre de téléchargements illégaue n’a cessé d’augmenter tout comme les logiciels permettant ces transferts (le célèbre Emule et tous ses dérivés) avec plus ou moins d’anonymat assuré.
Le téléchargement a été rendu possible aussi grâce à la compression des données : le MP3 et le DVIX en sont les résultats. L’image ou la musique grâce à des logiciels spécifiques se font supprimer les parties inaudibles ou invisibles à l’œil ou l’oreille humaine. Ce qui altère la qualité du son et de l’image mais de manière supportable. On peut s’en rendre compte en grossissant une fenêtre de film, les pixels sont plus grossiers et le son d’un MP3 est plus plat, les aigus et les graves sont moins prononcés.
Il te faut savoir que visionner ne serait-ce qu’un DVD hors de ton cercle familial est absolument interdit par plusieurs lois sur les droits d’auteurs. Toutes les copies cassettes ou CD que nous avons pu faire étaient tout aussi illégales que les compilations offertes à des tiers. Et pourtant nous en avons tous fait et l’industrie musicale ne s’en portait pas plus mal !
La loi Hadopi remet donc en question la notion de prêt d’un objet que nous avons acheté et que nous consommons. A l’extrême, elle pourrait nous empêcher tout échange autre que financier sur quelqu’objet que ce soit.
telechargement illégal

Les français plus raisonnables que prévu


Contrairement à ce qui semble se claironner un peu partout dans la presse, les Français sont loin d’être les plus gros téléchargeurs du monde.
Selon des études de l’IPSOS, nous ne serions en 2009 qu’en 10ème position derrière la Chine, les USA, l’Espagne et la Russie. Il semblerait en fait qu’il soit de coutume pour les gouvernements de tous les pays d’accuser son propre peuple pour tenter de l’adoucir. Nous consommons tout autant légalement qu’illégalement l’industrie musicale et cinématographique ( les Espagnoles et les Chinois sont les pires ) et nous perdrions tout envie d’acheter si nous ne pouvions télécharger gratuitement ( de manière légale ou pas ! ) et le débit de connexion n’influence en rien la tentation de télécharger, puisque les Russes détenant la plus faible qualité de connexion télécharge énormément ! Pour plus de détails rendez-vous sur http://statosphere.fr/website/index.php?post/2009/09/30/comment-sondage-IPSOS-donne-tort-HADOPI .
Même si il a été prouvé que les plus gros téléchargeurs sont aussi les plus gros consommateurs de supports multimédias soumis aux droits d’auteur, il n’empêche que beaucoup de médias en souffrent. Leur pouvoir de communication précédemment détenu leur glisse entre les doigts et ils se retrouvent incapables de la moindre remise en question. Les maisons de disques comme la multinationale Universal voient leur chiffre d’affaires baisser progressivement, les journaux se retrouvent concurrencés par la presse gratuite et numérique. Il n’empêche que des gens réfléchissent et agissent, comme par exemple les groupes Nine Inch Nails ou Radiohead qui mettent à disposition gratuite certains morceaux de leur répertoire avant même leur sortie officielle. Les petits groupes inconnus proposent eux-mêmes leurs morceaux sur Emule.
En fait le téléchargement illégal ne dérange que Pierre Arditti, Maxime Le Forestier, Juliette Gréco et 49 autres (cf http://musique.fluctuat.net/blog/31605-52-artistes-contre-le-telechargement-illegal.html). Ceux qui n’y sont pas opposés se font plus discrets, mais nous pouvons retenir Dick Annegarn qui pousse les jeunes artistes à tout simplement se produire dans les bars et autres lieux publiques de manière plus régulière et plus fréquente contre de petits cachets à 300 € la soirée gros maximum.
L’interview se visionne ici en cinq parties : http://www.youtube.com/watch?v=jqCykWplIR8&feature=channel .

Le téléchargement d’œuvres musicales, littéraires ou cinématographiques sans les autorisations des droits d’auteur est donc condamnable et illégale depuis le début et de plus en plus sévèrement réprimandé.
Il faut dire que notre chère industrie musicale a les bras longs et beaucoup d’argent. Nous sommes assaillis de nouveautés de toute part, pour tous les goûts et de tous les genres. Tout acheter est impossible tout comme tout écouter ! Les fichiers en P2P s’échangent de la même manière que les cassettes ou les CD mais à la hauteur de sa technologie. Il est impossible d’empêcher les utilisateurs d’informatique de s’échanger des documents. Et à défaut de réseau numérique, le réseau humain pourra toujours prendre le relais et copier directement de disque dur à disque dur, ce qui reviendrait au même que de chaîne hi-fi à chaîne hi-fi à l’époque des cassettes.
arobaz toile
Lucien Trarieux


Hadopire que tout


Depuis 2007, les gouvernements cherchent des solutions pour enrayer ce problème découlant naturellement de la propagation d’Internet et de l’ADSL.
La loi Hadopi a commencé à faire parler d’elle et fait depuis couler beaucoup d’encre par son absurdité voire son inutilité. Sur http://www.lepoint.fr/actualites-technologie-internet/2009-10-22/telechargement-illegal-l-histoire-d-hadopi-en-19-dates/1387/0/388360 il est possible de lire l’historique de cette loi qui a finalement été adoptée après plusieurs refus et malgré une motion de censure déposée par le Parti Socialiste sur son ensemble.
Hadopi propose une riposte graduée, par l’envoi de courriers prévenant l’internaute de son illégalité. Au troisième et dernier, la connection ADSL est coupée avec interdiction de s’abonner chez un autre fournisseur pendant un an. Son but n’est pas d’éteindre l’incendie Peer To Peer mais de le limiter. Beaucoup de logiciels de téléchargement sont cryptés et si ce n’est sur le débit de consommation de kilo octets de la ligne, il est impossible (civilement et légalement parlant j’entends bien ! ) de savoir si la personne télécharge de manière illicite ou pas. Les novices de ce système d’échange seront donc les premiers attaqués pour donner l’exemple. Ce sont les mêmes qui peuvent se faire pirater leur ligne ADSL facilement et sans s’en rendre compte mais heureusement une solution payante leur est proposée : des logiciels permettant de détecter une intrusion dans une ligne individuelle vont être disponibles mais payant, évidemment ! Et déjà il existe au moins 13 façons de contourner la loi ( à lire : http://www.kysban.fr/blog/index.php?post/2009/03/11/13-solutions-de-telechargement-illegal-oubliees-par-HADOPI ) et de passer presqu’inaperçu. Il y a aussi la protection de la vie privée qui entre en jeu, comment la justice va accepter le fait qu’un tiers se glisse dans ton ordinateur -chez toi en quelque sorte- pour savoir si tu détiens des fichiers légaux ou non ?
Hadopi a été instauré comme une chasse aux sorcières en imposant un champ sémantique fort, utilise des termes comme « pirate », « vol », « piratage », « hackers », compare les fautifs à de grands criminels... Les reportages sur les abonnés au téléchargement illégaux se font en images criptées et les voix  sont déguisées, tels des terroristes, des pédophiles ou de dangereux criminels. Jean-François Copé a même préféré repousser une loi sur l’inceste pour se consacrer pleinement à ce fléau du 21ème siècle.
Il faut aussi ne pas perdre de vue le coût que représentera la mise en application de cette loi. Les chiffres vont bon train et oscillent dans une fourchette allant de 20-30 millions pour les plus optimistes jusqu’à 100 millions d’euros par an. Les coûts incluent les coûts de suspension, l’adaptation du réseau ADSL et les frais liés à l’identification des internautes hors-la-loi. Le tout pour 10 000 emails d’avertissements quotidiens, 3 000 lettres recommandées et 1000 décisions de suspension par jour !?!
Une étude récente a été réalisé pour démontrer que l’impact environnemental d’un téléchargement sans DRM (sorte de serrure de protection pour les fichiers numériques) est 9 fois moins élevé que l’achat de CD. Il est utile en tant que citoyen de se poser la question des investissements faits dans l’impression des différents textes, des déplacements qu’ont engendré le regroupement de «spécialistes», de ministres et de députés !

SACEM ne récolte pas toutes ses graines

Un autre problème n’a pas été soulevé et une rencontre avec un salarié de la SACEM m’a mis la puce à l’oreille. La loi Hadopi a donc décidé de sanctionner principalement les consommateurs sans questionner la responsabilité des fournisseurs internet. Si j’en crois ce monsieur, la SACEM sert surtout aux « petits », les grosses pointures comme notre irritable Johnny national cotisent à un autre organisme avec évidemment plus d’avantages. Tout lieu qui diffuse de la musique paie un droit auprès de la SACEM, que ce soit les bars, les discothèques, les fêtes de village, etc... La télévision verse aussi une certaine somme en soutien aux artistes naissants ou capotants ! Internet, pourtant diffuseur de tous ces supports, n’ a jamais versé un seul centime à la SACEM. D’ailleurs la question est bien posée : qui doit verser ? Nous, eux, tout le monde ?

Internet, P2P, même combat !

Pour finir cet article il est intéressant de souligner que le téléchargement légal ou pas est en lien direct avec Internet dans son fonctionnement et dans ses possibilités. Les deux sont indissociables puisque basés sur le même schéma de fonctionnement. Internet créé pour partager des données sur un réseau décentralisé, même s'il existe une hégémonie américaine sur la répartition des données et des noms de domaines au niveau législatif, ne pouvait QUE migrer vers le Peer To Peer. L’ignorer revient à remodeler complètement la philosophie même d’internet !


Texte : Lucien Trarieux

Illustrations : Thomas Nombril, Lucien Trarieux & Wouzit

Par Le Snooze
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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /2009 22:03
pine up 2 tias
Par RobertH
Par Le Snooze
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Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /2009 10:48

strip3

"clic" sur l'image pour l'aggrandir.

Thomas Nombril : http://www.nombril-studio.com/
Par Le Snooze
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Samedi 5 décembre 2009 6 05 /12 /2009 22:57

 

Du 7 au 18 décembre 2009 aura lieu à Copenhague la 15e Conférence des Etats sur le réchauffement climatique.

En 1992, à Rio, une prise de conscience tardive des Etats a soudain fait comprendre que le développement industriel anarchique allait inexorablement conduire notre planète Terre et les petits humains qui vivent dessus et se reproduisent indéfiniment à une impasse mortelle à court terme. C’est de l’auto-destruction comme aucune autre espèce animale n’en est capable. Bravo, l’Homme, bravo l’Homo sapiens (= homme sage »).

En 2005, Hubert Reeves, astrophysicien engagé, écrivait à propos du changement climatique d’origine humaine: « La solidarité est devenue un impératif de survie. Solidarité intra-spécifique et interspécifique car tous les êtres vivants sur notre planète sont embarqués dans une aventure qui pourrait tourner au drame. Le monde scientifique a établi un diagnostic, vérifié, encore vérifié, et revérifié. Nul ne peut rester ignorant. Nul ne peut rester indifférent. »

Modéliser les conséquences du réchauffement climatique du à nos activités polluantes et énergivores est une tâche très complexe pour de nombreux scientifiques du monde entier. Certains politiciens en sont encore à douter des cataclysmes évidents qui vont être provoqués, ou bien ils cherchent par un écran de fumée médiatique à faire en sorte que ne soient pas perturbés les lobbies industriels qu’ils protègent.

Et pourtant, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) présidé par R. K. Pachauri, lauréat du Prix Nobel de la Paix, affirme que le temps n’est plus aux débats, mais à des actions urgentes.

 


En France, on constate déjà un réchauffement de + 0,9°C au siècle dernier, un recul très marqué des glaciers montagnards, et jusqu’à 35% de précipitations hivernales en plus. Environ 95% des glaciers alpins pourraient disparaître au cours des cent prochaines années. La célèbre Mer de Glace, par exemple, a perdu 4,1 mètre par an entre 2000 et 2003 en dessous de 2100 m d’altitude. Avec un réchauffement de +2°C, le Pin maritime des Landes coloniserait 46% du territoire français métropolitain en 2100, et certains types de forêts pourraient être entièrement rayés de la carte. Or, les écosystèmes forestiers naturels ou semi-naturels stockent 80% du carbone aérien. La déforestation est la seconde source d’émission de CO² sur la planète.

Selon l’Agence européenne pour l’Environnement, l’augmentation de la température d’ici 2100 devrait atteindre de +2 à +6,3°C ! L’amplitude est donc considérable et extrêmement rapide, et il faudrait alors s’attendre à des impacts catastrophiques : cyclones, pluies torrentielles, montée du niveau de la mer d’environ 50 cm, glissements de terrain, accroissement des risques infectieux, accélération de la fonte des glaciers de montagne, saisons déréglées, augmentation des inondations et des canicules, perturbation du cycle de l’eau, exodes forcés des populations humaines insulaires (réfugiés climatiques), pénuries alimentaires… Faut-il insister sur les conséquences économiques de tels bouleversements, et leur impact sur la biodiversité ? Il n’est plus d’actualité de traiter d’écologistes catastrophistes et irresponsables ceux qui annoncent ces perturbations planétaires.

Une étude datant de 2004, et parue dans la prestigieuse revue scientifique Nature, affirme que le changement climatique pourrait provoquer la disparition de plus de 1 million d’espèces animales et végétales d’ici 2050 (dans 40 ans, c’est donc demain et ça nous concerne directement et nos enfants). Le changement de température et de conditions de vie étant brutal, la plupart des espèces n’aura pas le temps d’évoluer, ni de s’adapter, ni de migrer pour survivre. Et à l’inverse, certaines espèces pourront bénéficier des changements, et devenir invasives et dangereuses. On observe d’ores et déjà que certaines espèces d’oiseaux migrateurs (Fauvettes à tête noire, Hirondelles, Martinets noirs…) sont des témoins visibles du réchauffement, revenant de plus en plus tôt de l’hivernage et repartant plus tard. Certaines espèces démarrent du coup leur reproduction plus tôt, ce qui permet maintenant plusieurs nichées, alors que d’autres favorisées par les basses températures, régresseront et laisseront la place aux espèces de régions chaudes. L’exploitation des poissons marins, déjà gravement menacée par une surpêche imbécile, pourrait bientôt subir de plein fouet les effets du réchauffement des eaux en profondeurs avec de spectaculaires modifications dans l’abondance et la répartition des espèces.

 


Rappel des épisodes précédents de la réaction des Etats à propos du réchauffement climatique pour ceux qui n’ont pas tout suivi…

En 1997, a été adopté par les Nations Unies une convention dite « Protocole de Kyoto » (Conférence des Parties à la Convention-cadre sur le changement climatique), lequel est entré en vigueur en 2005. Celui-ci établissait différents mécanismes sensés aider les pays développés du Nord à réduire de 5% avant 2012 les émissions dans l’atmosphère des gaz dits « à effet de serre ». Le Protocole de Kyoto avait prévu en particulier un mécanisme, le MDP (« Mécanisme pour un Développement Propre ») permettant aux pays industrialisés d’acheter des crédits et d’investir dans des projets moins polluants en Afrique et autres Etats en développement. Le résultat est décevant.

En 2001, un cadre pour renforcer les capacités des pays du Sud a été adopté. Comme si c’était eux qui polluaient le plus ! Bali, 2007 : tous les pays développés (mais uniquement signataires de la Convention) tombent d’accord pour mettre en œuvre un plan d’action en 7 points devant favoriser l’atténuation des émissions coupables du réchauffement annoncé et commençant à se faire sentir. Parmi les mesures, figure le REDD (« Réduction des Emissions Dues à la Déforestation »).

Coup de théâtre enfin en juin 2009 : le Groupe africain de la Convention, aidé de plusieurs pays développés (bravo pour leur initiative qu’on espère désintéressée), demandent à ce que soient fixés clairement pour et par les pays développés des objectifs juridiquement contraignants pour une réduction drastique des émissions de gaz !

 


Quels sont les risques par exemple pour l’Afrique des perturbations climatiques annoncées ? Selon Lord Nicholas Stern, président de l’Institut Grantham sur le changement climatique et l’environnement, si 30 milliards de dollars ne sont pas donnés aux pays africains avant 2015, puis entre 50 et 100 milliards à l’horizon 2020, une déferlante de populations migratoires de plus en plus pauvres et affamées génèrera des conflits et des instabilités socio-politiques difficiles à résoudre. Et selon un scénario européen développé lors du G20 à Pittsburgh, ce sont 100 milliards d’euros par an qui devront être apportés aux pays en développement pour tenter de faire face au réchauffement climatique ! On peut supposer qu’une grande partie de ces 100 milliards viendra des consommateurs des pays riches, c'est-à-dire… vous et moi.

 


Les Africains se mobilisent pour cette 15e Conférence des Etats sur le réchauffement climatique à Copenhague sous la houlette du Premier Ministre éthiopien, et ne resteront plus les bras croisés devant les vagues promesses des Etats riches. Ce sommet, le plus important jamais organisé sur le sujet,  sera décisif pour l’humanité et la biodiversité. Elle devra aboutir à un nouveau protocole devant succéder à celui de Kyoto après 2012.


Tous les regards seront dirigés vers les Américains et les Chinois. La Maison Blanche vient d’annoncer que les USA diminueraient leurs émissions de 17% en 2020, puis de 30% en 2025, et de 42% en 2030 par rapport aux niveaux de 2005. En ce qui la concerne, la Chine vient de faire un effet d’annonce en affirmant qu’elle fera une réduction d’émission de CO² de 45% d’ici 2020, ce qui correspond exactement à la demande des scientifiques. Quant à notre président, il demande au Brésil de stopper la déforestation de l’Amazonie.

Va-t-on vraiment réussir ce pari de l’Humanité de sa sauver elle-même, ou bien nous roule t’on dans la farine avec de beaux effets d’annonce ?

Et si on parlait de crime contre l’Humanité et la biodiversité, et qu’on emprisonnait, tous les responsables politiques qui ne prendront pas les bonnes décisions vitales, ainsi que ces hommes d’affaires qui spéculent sur la fonte des pôles, sous lesquels pourraient être facilement exploités d’extraordinaires quantités d’hydrocarbures ?

Mais attention, les politiques et les industriels ne sont pas les seuls coupables: en France, les ménages sont directement responsables de 50% des émissions nationales de gaz à effet de serre. A nous aussi à changer nos comportements, et par des gestes simples, d’éviter le gaspillage.

 

 

 

Texte : Jacques Fretey - jfretey@imatech.fr

Photos : "Faune de demain ? " Félicie Lichtenberger

Par Le Snooze
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